Portrait de La Condamine : Entreprendre dans la culture

« Il faut apprendre à l’artiste qu’il y a une démarche entrepreneuriale associée à son art.»

Entreprendre dans la culture : dans le climat actuel, c’est un défi de taille, et c’est pour le relever que La Condamine a été lancée en novembre 2016. Pierre-Benoît Roux et ses deux associés souhaitent venir en aide aux artistes pour leur permettre de vivre de leur vocation. Portrait d’une start-up qui soutient la création.

Pour Pierre-Benoît, « la culture, c’est un rassemblement ». De la Fête de la Musique au Printemps des Rues, il s’agit de se réunir autour d’une œuvre d’art qui questionne notre perception du monde. Un moyen, donc, de connaître une communauté et de s’ouvrir à l’autre.

Paradoxalement, malgré son pouvoir unificateur – et donc politique –, les artistes luttent pour trouver leur place dans notre société. Le temps des mécènes semble bien loin ; ce sont des « artistes maudits », avec leur lot de tracas et contraintes, qui tentent de survivre aujourd’hui entre deux emplois précaires qui leur assurent une fragile stabilité financière. Et souvent, l’artiste qui ne parvient pas à créer et à payer son loyer finit par abandonner sa vocation.

C’est là qu’intervient La Condamine. Face au désarroi des artistes confrontés aux difficultés liées à la gestion de leur projet de création, Pierre-Benoît et son équipe souhaitent faciliter l’autonomie. Leur vision? Permettre à chaque artiste qui s’investit et qui s’engage à développer son activité d’avoir la chance d’en vivre. « Il faut apprendre à l’artiste qu’il y a une démarche entrepreneuriale associée à son art » affirme Pierre-Benoît. Formalités administratives, présentation de projet, comptabilité, rédaction de dossiers de subventions: La Condamine accompagne et forme chaque artiste pour développer ces compétences cruciales qui ne figurent pas au programme des écoles d’art. L’enjeu étant de simplifier l’accès aux sources de financement, de libérer du temps pour la création artistique et de rendre à l’artiste son indépendance. D’une pierre, trois coups.

Aujourd’hui, La Condamine prend en charge une vingtaine d’artistes. Trois valeurs portées par le projet ? « Autonomie et solidarité, car on ne peut pas réussir seul », répond Pierre-Benoît. « Mais surtout, et nourrie par ces deux dernières: créativité ».

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