L’interview de Hannah Clair

Fille de musiciens, Hannah Clair jongle très tôt entre jazz et gospel et compose dès l’adolescence. Elle sort son premier album en 2011 et enchaîne aujourd’hui les concerts dans les petites salles parisiennes. Plus d’infos sur: hannahclairmusic.com

 

1)   Pourquoi et comment avez-vous pris la décision de vous consacrer à la pratique de la musique ?

Je n’ai pris la décision d’être musicienne que récemment. J’ai choisi de faire des études de psychologie, à l’issue desquelles j’ai réalisé que la musique, la composition, la liberté de la scène, me passionnaient beaucoup plus. Mais je ne me donnais pas les moyens… J’ai donc commencé à donner des cours d’anglais à mi-temps, pour pouvoir m’assurer la stabilité financière nécessaire pour me consacrer à la musique. Mais il m’a fallu persévérer, surtout au début, car je me suis sentie seule dans mon projet ;  s’entourer des bonnes personnes a été primordial.

 

2)   Quelle a été la plus grande difficulté que vous avez rencontrée dans votre parcours artistique ?

Celle de l’adaptation à une nouvelle approche de la musique : il ne s’agit plus d’être seulement chanteuse, mais également d’être vendeuse d’un produit. En même temps, je souhaite continuer à faire ce que j’aime sans compromettre qui je suis. Mais on doit tous faire un compromis pour pouvoir vendre, et il faut être suffisamment terre à terre pour avoir conscience de ça.

 

3)   Vivre de sa vocation : qu’est-ce que cette décision révèle sur l’artiste ?

En tant qu’artiste, il ne faut pas tomber dans le piège de l’égoïsme. Évidemment, ça fait du bien quand on nous fait des compliments, quand on plait ; mais il ne faut pas que ce soit là la finalité de notre art, parce que ça présente très vite des limites. Mon but, c’est aussi de répondre à un besoin, de toucher le public, de faire passer un truc. De me dire que j’ai égayé la journée de quelqu’un.

 

4)   L’image que l’on a de l’artiste dans la société actuelle est-elle justifiée ?

On imagine l’artiste comme quelqu’un de bohème, qui se fait plaisir et qui vit facilement de son passe-temps, alors qu’en réalité, il faut être robuste. On a plus ou moins de chance, évidemment, mais il y a aussi un réel travail à fournir et une conscience du business à maintenir. Ce n’est pas toujours la dolce vita !

Propos recueillis par Daphné Leprince-Ringuet

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