EXTRAIT: « L’Amour Paillard », d’Alphonse Momas

« Je commencerai par vous présenter mon monde, et on jouera sous vos yeux: « Amours de femmes. » Cela vous convient-il? »

« Les trois Messieurs et Horacine quittèrent La Férina, dite Margot, ou Marguerite pour ses amis; celle-ci reprit sa posture sur la chaise longue et commanda à Mourette de faire entrer le montreur de plaisirs. Jacques et son monde pénétrèrent, et ne s’étonnèrent pas de ne voir que de l’horizontale. La saluant sans embarras, Jacques lui dit:

– Je croyais, Madame, que nous devions traduire nos tableaux devant plusieurs personnes? Faut-il que nous commencions, ou que nous attendions?

– Vous pouvez commencer, j’ai tenu à être seule.

– Nous n’en serons que plus flattés, et plus encouragés; de nombreux spectateurs gênent souvent.

La Férina eut un sourire, et, réglant de suite la question de l’indiscrétion commise par la troupe, elle sortit de sa matinée trois billets de banque de cent francs, et les tendit à Jacques, en disant:

– Voilà une part supplémentaire que je vous verse, afin que vous pensiez surtout à vous, en vous rappelant plus tard votre arrivée chez moi.

Jacques les mit dans la poche de sa veste, et s’inclinant, répondit:

– Je commencerai par vous présenter mon monde, et on jouera sous vos yeux: « Amours de femmes. » Cela vous convient-il?

– Parfaitement.

Elle s’allongea dans une pose langoureuse, pour bien voir en face cette étrange famille, et Jacques s’agenouillant saisit par le bas la jupe de Lina, qu’il découvrit jusqu’à la ceinture, et dit:

– Je vous présente notre jolie brune Lina, fruit du paradis, fruit de volupté, dont le ventre invite à l’amour, dont la toison ordonne les caresses, dont les cuisses attirent les désirs de l’homme, et dont les fesses de satin sont douces à la main et aux lèvres! La voyez-vous assez dans sa nudité, dans sa complaisance à me laisser la peloter et la baisoter? Elle va rester là, ainsi sous vos yeux, vous montrant sans fausse honte bête tous ses trésors d’amour, pendant que je vous révèlerai nos deux autres merveilles. (…)

– Flatteur! vous ne dites pas ce que vous pensez, sans quoi ces charmantes beautés vous arracheraient les yeux.

– Par leurs ébats, elles vous prouveront que devant leur âme, il n’existe plus que la beauté immortelle de la femme. Commençons. »

Extrait de L’Amour Paillard
Alphonse Momas
Publié aux Editions La Musardine 

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