L’interview d’Ariane Dollfus

Ariane Dollfus

Ariane Dollfus est journaliste de danse, écrivaine, et passionnée du travail de Rudolf Noureev. Elle a publié la biographie de ce dernier, Noureev : L’insoumis, ainsi que la traduction de Confessions Inédites, son autobiographie.

 

1. Avec cette traduction, vous rendez une légende russe accessible au public français. Que symbolise Noureev pour le lecteur ?

C’est une leçon de  courage qui touche un lecteur balletomane autant qu’un lecteur ordinaire. Ce qui est beau, c’est que Noureev est parti de la misère absolue pour finalement accomplir ses rêves et vivre de sa passion. Le destin de ce petit garçon qui trouve le courage d’aller au bout de ses désirs est fascinant. Il était véritablement un artiste et un symbole de liberté.

 

2. Se rappelle-t-on donc de Noureev pour son talent de danseur ou pour la liberté et la modernité qu’il représentait ?

C’est un peu des deux! Il est important de savoir que Noureev ne revendiquait aucune opinion politique. Mais il était un homme de son temps : il a épousé la liberté des années 60 et la modernité de cette époque charnière. Cela s’est manifesté dans son art, par exemple dans la liberté de mouvement qu’il a apporté en délivrant les danseurs masculins du carcan de la virilité. Ou dans sa manière de démocratiser le ballet en se produisant dans des salles populaires. Il restera célèbre pour son art autant que pour le changement sociétal qu’il représentait.

 

3. Quels sont les défis imposés par la littérature lorsqu’il s’agit de parler d’un art vivant comme la danse ?

Le défi pour rédiger la biographie de Noureev a été double : comment décrire la danse et comment la décrire de façon à satisfaire tous les publics ? J’avais comme pari ambitieux de plaire autant aux professionnels qu’au grand public. Une analyse sérieuse de l’art de Noureev était nécessaire, mais il ne fallait ni décevoir le monde de la danse, ni écarter le lecteur qui n’a jamais dansé.

 

4. Pourquoi pensez-vous que la Russie nous fascine ?

La Russie a toujours fasciné, parce qu’elle est étrange. Elle est à la fois proche et lointaine, à la fois européenne, slave et asiatique, à la fois orientale et occidentale. Et surtout, elle est inaccessible : je pense qu’il y a toujours un mur d’incompréhension qui la rend impénétrable.

 

Propos recueillis par Daphné Leprince-Ringuet
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