L’interview de Romain Puértolas

Romain Puértolas a publié L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea aux éditions Le Dilettante, qui a remporté le Grand Prix Jules Vernes 2014. La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel est son deuxième roman, un conte touchant dans lequel le réel se marie avec le merveilleux.

  1. La préface de votre livre est une citation de Boris Vian : « Cette histoire est complètement vraie puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre ». Qu’est-ce que cela implique ?

Je trouvais que les mots de Vian définissaient bien mon livre, où la limite entre la réalité et l’imaginaire est brouillée. J’ai voulu mélanger des situations véridiques avec la fantaisie, comme dans un conte, qui sublime l’émerveillement que l’on peut trouver dans la vie ordinaire pour faire passer un enseignement. Tout cela partait du constat que la vie peut être assimilée à un rêve, et qu’il n’y a pas de vérité établie.  

  1. La Petite Fille est donc un conte pour adultes où le merveilleux permet d’aborder des sujets très réels ?

Absolument. Comme dans tous les contes, un message est transmis. L’idée que la maladie n’est pas une fatalité par exemple, et que tant qu’on est vivant, il y a toujours de l’espoir. Un message sur l’amour, aussi : par amour, on peut tout faire. Le caractère volcanique de Providence, qui se fait pousser des ailes pour retrouver sa fille malade, nous enseigne que l’amour supprime tous les obstacles.

  1. Pourquoi a-t-on besoin de l’imaginaire ?

Je n’ai jamais aimé voir la réalité telle qu’elle est, et c’est pour cela que je m’évade dans le conte, dans un monde plus coloré. C’est un mécanisme de défense pour apporter un peu de bonheur aux choses tristes. L’être humain est le seul qui sache inventer de l’art, parce qu’il a pris conscience que la réalité n’est pas suffisante. Je trouve la vie merveilleuse, mais sans l’échappatoire qu’est l’imagination, elle serait très triste.  C’est un peu paradoxal : l’imaginaire est à la fois un moyen de mieux comprendre la réalité et de s’en échapper.

  1. Qu’est-ce qu’un beau conte pour vous ?

C’est la simplicité. C’est l’universalité du message. C’est le merveilleux, mais qui se ramène toujours dans la réalité. L’important est d’être transporté, de s’évader, mais aussi de ne pas se perdre dans la fantaisie.

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