Interview: Marie-Charlotte Belle et l’entrepreneuriat féminin

aaeaaqaaaaaaaafcaaaajgmxyjm2nju1ltazmditnge5yi1immq4ltc0mdu2nwm1zje4oqMarie-Charlotte Belle est consultante en ingénierie culturelle et touristique, experte en développement métropolitain (Brésil et Inde). Elle est la fondatrice de la structure À Propos Développement (APD).


Quelles sont, selon vous, les difficultés particulières auxquelles se heurtent les femmes qui désirent créer leur entreprise ?

Je ne parlerai pas de difficultés mais d’approche différente. Il y a une sorte de quête de sens probablement plus prononcée chez les femmes entrepreneures. Cette approche peut être perçue comme une faiblesse pour le dynamisme entrepreneurial et donner une impression d’amateurisme. Comme si cette notion d’accomplissement remettait en cause les objectifs économiques et financiers de l’entreprise. Pour une entrepreneure les obstacles ne se situent donc pas dans les outils qui sont mis à disposition mais dans la méthodologie attendue.


Pensez-vous que certains milieux favorisent ou freinent l’entrepreneuriat féminin ? Pourquoi ?

Il est certain que la création (artisanat, art, culture, etc) est le secteur de prédilection dans lequel est attendu la femme entrepreneure. Les secteurs plus techniques ou technologiques sont moins répandus mais je ne crois pas qu’il y ait de freins particuliers si ce n’est une question de mentalités. Pourtant, la recherche de la rentabilité économique est valable dans tous les secteurs qu’ils soient créatif ou technique. Ce qui peut freiner l’entrepreneuriat féminin est moins une question de milieu qu’une suspicion sur sa volonté ou sa capacité à générer des bénéfices. La femme peut exercer une activité professionnelle mais il est encore difficile de l’envisager comme initiatrice d’une structure de production commerciale.


Entre la France et l’étranger, constatez-vous des différences dans la façon de lancer son entreprise ?

Hormis les différences administratives, la grande différence entre la France et l’étranger est le dynamisme entrepreneurial. Ailleurs, se lancer dans l’aventure entrepreneuriale est perçu comme une force. Ici, l’entrepreneuriat est encore trop synonyme de précarité, d’incertitude et de complexité. Monter une stratégie commerciale, un business plan peut sembler insurmontable par simple méconnaissance de ce type de procédure. À l’étranger, le lancement de son entreprise est plus facile car la société dans son ensemble a l’habitude des jeunes entrepreneurs.


Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite lancer sa start-up ?

VTC : Volontarisme, Ténacité, Confiance en soi et en son projet. L’entrepreneuriat a été conçu par et pour les hommes, mais ce ne sont pas eux les freins. Un projet entrepreneurial a toutes les chances de réussir s’il est viable, qu’il soit porté par un homme ou une femme.

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