« Horizontal »: la nouvelle de Sébastien Ayreault

Et le trou du dessous ? il m’a demandé.
Ça, ça c’est pour les regrets, petit père, les poètes, et nous, on est pas grand-chose…

Il pensait, c’t’andouille, que le sexe des filles était à l’horizontal, et que nos couilles,
Tombaient là-dessus comme un couché de soleil.
Je lui ai dit suis-moi.
La petite Nat’, elle descendait sa culotte
Pour pas cher.
Allongée dans la grange d’abandon, les jambes en l’air, et nous debout, comme deux zigues au bord du monde rose, je lui ai dit alors, tu vois ? Et les yeux lui sortaient de la tête, à c’t’andouille. C’est par là qu’t’es venu, par là qu’on vient tous, nu, une claque dans le dos, lumière, un beau jour. Les grands rois, les corniauds, et toute la sainte baraque. Le bonheur et la tristesse, le rire, les larmes, tout sort de là, de cette VERTICALE, tout le foutu monde, t’entends !? Pissenlit au fusil, pelles et pioches dans la charrette, et entonne la chanson, garçon.
La verticale nous regardait, muette, rose, on aurait dit
De la plume.
Et le trou du dessous ? il m’a demandé.
Ça, ça c’est pour les regrets, petit père, les poètes, et nous, on est pas grand-chose…
Ferme les yeux.
Il a mis ses mains dans ses poches, sa bouche dans une drôle de moue, et Nat’ s’est relevée,
Nature.
Z’êtes content, maintenant ?
Frotte-moi la jupe, elle a dit.
J’ai enlevé les bouts de paille avec le vent qui sortait de mes mains, et l’on est revenu dans le bourg, sous le soleil de 4 heures. Quand même, il s’l’est ramené un dernier coup, c’est bizarre ton histoire. Ta gueule, j’ai dit, tu comprends vraiment rien, hein ? Il a haussé les épaules et Nat’ s’est faite une queue-de-cheval dans un reflet,
Nature.

« Horizontal » – Sébastien Ayreault
À retrouver dans votre Superflu n°1 

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